L’agroécologie connaît un essor remarquable en Tunisie, portée par la nécessité d’adapter l’agriculture aux contraintes climatiques tout en préservant les ressources naturelles. L’olivier, cultivé depuis des millénaires sur les terres tunisiennes, se trouve naturellement au cœur de cette transition. Plusieurs exploitations pionnières montrent qu’il est possible de produire une huile d’olive de haute qualité, certifiée biologique, tout en améliorant la biodiversité, la fertilité des sols et l’efficacité hydrique. L’un des principes clés de l’agroécologie appliquée à l’oliveraie est la diversification biologique. De nombreuses fermes du Sahel, notamment dans les régions de Sousse et de Monastir, ont adopté des systèmes de couverture végétale naturelle entre les rangs d’oliviers. Cette couverture limite l’érosion, améliore la structure du sol et favorise l’activité microbienne. Couplée à l’utilisation de compost issu des grignons d’olive, elle permet d’enrichir la matière organiqu...
Le bassin méditerranéen subit une transformation climatique rapide : hausse des températures moyennes, recul des précipitations, multiplication des épisodes de sécheresse et salinisation progressive de certains sols. Ces pressions bouleversent les conditions de production de l’olivier, un pilier économique et culturel pour des millions de familles. Face à cette situation, la recherche agronomique accélère le développement ou la sélection de variétés capables de mieux tolérer ces contraintes. S’agit-il d’une véritable révolution ou simplement d’une évolution naturelle du matériel végétal ? Avant même l’apparition des programmes de sélection, plusieurs variétés traditionnelles possédaient déjà une résilience remarquable. En Tunisie, la Chemlali est un exemple emblématique : elle prospère dans des zones arides, avec des niveaux de pluviométrie parmi les plus faibles du bassin méditerranéen. Sa capacité à produire régulièrement malgré des conditions sévères en fait un matériau préci...