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Les pesticides - Un danger pris très au sérieux

La généralisation de la culture intensive dans les pays développés, au milieu des années soixante-dix, a généré des richesses telles que les dégâts occasionnés par les pesticides ont mis longtemps avant d’être dénoncés. Il faut attendre dix ans encore pour que des chercheurs et des scientifiques du monde entier se penchent sur la question et mettent le monde en garde contre l’utilisation abusive des pesticides. La contamination de l’environnement et de la nourriture s’est traduite par des traces de résidus dans le sang, dans les tissus adipeux du cerveau, dans le lait maternel et le placenta, dans le foie, bref dans tout l’organisme humain. Ainsi et à partir de 1980, plus de 150 études réalisées dans un peu plus de 60 pays dans le monde n’ont cessé de prouver, si besoin est, que la terre va mal à cause des pesticides. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à ce propos, que chaque année il y a un million de graves intoxications par les pesticides avec environ 220.000 décès.


Des études, notamment en Amérique du Nord, vont plus loin dans leur constat d’alarme, en mettant en évidence la présence d’au moins un pesticide dans chaque maison. Aujourd’hui, les scientifiques accusent les pesticides d’être responsables de nombreux cancers.


Des dizaines d’études épidémiologiques montrent que les utilisateurs de pesticides sont plus souvent atteints par certains cancers que d’autres. Leurs enfants sont également plus exposés aux mêmes risques de contamination que ceux de la population en général. En Tunisie, une étude récente, menée par un groupe de chercheurs de l’Institut de santé et de sécurité au travail, des Services de médecine de travail de Sfax et de Tunis, a montré qu’il existe un important déficit d’informations de la part des revendeurs quant aux conditions d’hygiène, de manipulation et de stockage des pesticides. L’étude a également prouvé, chez les travailleurs agricoles exposés, la présence de symptômes évocateurs d’une intoxication par les produits dans 65% des cas. Chez les travailleurs municipaux exposés «76,5% d’entre eux présentent des symptômes révélateurs d’intoxication. Premier à avoir utilisé ces produits, premier à s’être rendu compte de leur nocivité, l’Occident a développé depuis une stratégie qui vise à réduire l’usage de pesticides et même à s’en débarrasser définitivement.
Dans les pays scandinaves, les résultats obtenus sont réels et la culture biologique, qui représente le meilleur rempart aux pesticides, prouve son efficacité de jour en jour. Par contre et sur notre continent, le travail de sensibilisation commence à peine et, dans les pays du Maghreb, les stocks d’insecticides périmés ne sont pas un leurre. Au cours d’un séminaire maghrébin tenu à Tunis en 2009, il est ainsi déclaré qu'un pays voisin utilise 350t de pesticides/an et possède quelque 450t périmés. Pour la Tunisie, le tableau n’est pas plus reluisant avec 1.300t stockés dans 205 dépôts répartis sur 105 sites. Quant à l’Algérie, les importants stocks qu’elle possède attendent encore d’être répertoriés. Pas pour longtemps car, ces stocks devront d’ici à 15 ans au plus tard, non seulement être détruits mais aussi non renouvelés. C’est dans tous les cas l’objectif arrêté par le Programme africain relatif aux stocks de pesticides obsolètes (PASP). Mis au point par la Banque mondiale, ce programme d’une durée de 10 à 15 ans tend à éliminer les stocks périmés sur le continent et à prévenir leur réapparition. La 1ère phase du programme a une vocation pilote et la Tunisie avec l’Afrique du Sud ont été choisies comme pays pilotes de cette phase. D’ores et déjà, la Tunisie a procédé à l’inventaire de ses stocks périmés et a commencé à envisager une réelle stratégie à objectif durable. Afin que le cauchemar, que nous avons involontairement favorisé, cesse de nous hanter.

Auteur : Fadhila Bergaoui Ajouté le : 16-04-2010 (Lapresse)

Commentaires

  1. c'est un bon article qui nous précise vraiment le grand danger du pesticides.

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